Je vous propose une encyclopédie, partielle et partiale, une encyclopédie regroupant les lambeaux de savoir glanés au cours de ma longue existence, savoir nécessaire à tout Enfant des Ténèbres. Les novices y trouveront les bases de connaissances évidentes et obligatoires à leur survie. Les plus anciens d'entre nous n'ont plus besoin de cela, c'est évident... mais je pense que cela les fera sourire de se remémorer certains souvenirs égarés de leur début dans le monde de la nuit. De par mon expérience, beaucoup des sujets traités sont dédiés aux vampires et à leur mode de vie, mais vous y croiserez aussi quelques autres immortelles créatures qu'il m'a été donné de percevoir ou de rencontrer. Si vous trouviez un manquement grave à ce recueil, je vous serais gré de bien vouloir m'en faire part... Faites fi des Légendes dont les serres tenaces s'accrochent encore en l'esprit des mortels et des ignorants. Que les Ténèbres veillent sur vous...

-A-B-C- -D-E-F- -G-H-I- -J-K-L- -M-N-O- -P-Q-R- -S-T-U- -V-W-X-Y-Z-

-Abramelin le Mage-

Abremelin le Mage serait l'auteur d'un présumé grimoire, Le Rituel Magique, ou Livre d'Abremelin le Mage.
Peu de vous étiez déjà nés en ces temps où, un sage juif, réputé magicien, vivait sur une colline dans le désert égyptien. Un kabbaliste, Abraham le Mage, qui avait été initié à Mayence par un rabbin et qui s'intéressait à la magie, s'était établi en Égypte, sur les bords du Nil, après avoir parcouru l'Europe et le Moyen-Orient.
Ayant entendu parlé d'Abremelin, il lui rendit visite. Le vieux sage lui enseigna la magie et lui remit deux manuscrits contenant des formules rituelles magiques.
Abraham les ramena en Europe, à Venise, où il les traduisit de l'hébreu, et les publia, en 1458, accompagnés de commentaires...
L'ouvrage fut bientôt divulgué à Prague, qui tenait lieu alors de capitale de la magie...
Dans cet ouvrage, dédié à son fils, à qui " il doit servir d'acheminement vers la véritable magie sacrée ", Abraham décrit les voies qui permettraient d'accéder à l'art magique, mais, surtout, à la connaissance de la kabbale sacrée...

-Agartha, ou Agarttha-

Selon certains occultistes, notamment Saint-Yves d'Alveydre et René Guénon, ce serait le centre du monde...
En cette souterraine cité, située au cœur de l'Asie, serait conservée la Vérité primordiale, sous la garde de grands initiés, les supérieurs inconnus, et de l'initié suprême, le maître du monde...
Si cela était...
Est-ce vraiment utile que je vous conseille de ne point tenir compte de cette histoire, auxquels certains croient pour je ne sais pour quelle obscure raison, et tiennent pour réalité, mais plutôt de la nommer avec le terme beaucoup plus approprié de Légende...

-Ail-

Selon la définition du dictionnaire Larousse : " Du latin al(l)ium. Plante monocotylédone (Liliacées) dont le bulbe est composé de caïeux (gousses d'ail) à odeur forte et saveur piquante utilisés comme condiment. "
Si l'ail a la réputation d'éloigner les vampires ( on peut observer en cette croyance, entre autres, combien les légendes sont tenaces), il était utilisé dans l'Antiquité ( grecque et égyptienne) pour soigner la folie et guérir les morsures d'animaux ( quelle coïncidence...),notamment des serpents, et servait également à éloigner les mauvais esprits. Sachant ceci, il est aisé de remonter à la source de cette superstition...
Comme protection contre les vampires la tradition roumaine veut que l'on utilise des chapelets d'aulx en les disposant autour des fenêtres et des portes des maisons que l'on veut protéger, et que l'on porte également une guirlande d'ail en collier afin de se prémunir contre l'éventuel assaut du vampire. Afin de rendre plus efficace la protection, il convenait, non seulement de disposer des fleurs d'ail, mais d'en frotter tous les objets usuels de la maison, ainsi que les cornes des animaux de ferme. Chaque mort soupçonné de pouvoir devenir vampire était d'ailleurs enterré une gousse d'ail dans la bouche.
( Je vous laisse imaginer combien d'innocents et de nouveaux nés au monde de la nuit eurent à subir cet abject traitement...)
Quand à trouver une explication rationnelle expliquant la terreur inspirée aux vampires par cette plante, " inoffensive " au demeurant, la question reste posée. Certes, l'ail contient une substance ( l'ajoène) qui modifie la composition chimique du sang, le rendant plus fluide... mais cette particularité ne suffit pas à expliquer la légende, et rendrait même la chose paradoxale.
Je ne puis, pour ma part, que regretter que certains vampires, particulièrement jeunes, inexpérimentés ou superstitieux, aient reculés devant un danger aussi irréel, leur terreur les menant parfois même à commettre des imprudences où il trouvèrent la mort, cautionnant ainsi de leur trépas une croyance aussi sotte.

-Albert le Grand-
(1193-1280)

Albert le Grand... Son nom résonne encore comme tabou de nos jours, chez le commun des mortel jusque dans les bibliothèques aux livres éclairés par la science des siècles écoulés.
Une légende a été crée autour d'un homme et l' homme est devenu une légende, ...
Philosophe et savant allemand, il est né sur les bords du Danube au sein d'une illustre famille. Moine exemplaire et fervent admirateur d'Aristote, il enseigna la philosophie et la théologie dans plusieurs université d'Europe, notamment à Strasbourg, Paris et Cologne.
Passionné d'astrologie, d'alchimie et de magie, il le fut certes mais dans un esprit purement scientifique; sa curiosité et ses méthodes - il prônait l'expérience avant tout - furent en effet celles d'un savant.
Dans ses traités ( vingt et un volumes), où il est souvent fait allusion à la magie qu'il ne pratiqua, chose paradoxale, cependant pas, il admet l'existence de la magie naturelle, ou magie du bien et relate ses expériences sur les minéraux :
" Les pierres précieuses ont des vertus miraculeuses que n'ont pas les autres. " Il croit aussi au pouvoir mystérieux des astres sur les pierres et les hommes. Dans De l'alchimie, mettant en garde les alchimistes, il leur conseille de ne rien révéler de leurs recherches, de les effectuer au moment propice, de faire preuve de patience et de persévérance, et enfin de se tenir à l'écart des princes et des gouvernants. On a prétendu qu'il avait réussi à fabriquer de l'or, et qu'il aurait construit un automate, l'androïde, qui lui servait d'oracle et qui aurait été détruit par son élève, Thomas d'Aquin.
On a également attribué à Albert le Grand la paternité de deux grimoires, connus sous le nom, fort célèbre, de Grand Albert et de Petit Albert, mais il a été prouvé depuis que ces recueils de magie populaire, par ailleurs de qualité médiocre, sont apocryphes, et qu'ils furent écrits au XVIIe siècle, puis réécrits au XIXe.

La valeur d4albert le Grand, en dépit des accusations de magie et de sorcellerie portées contre lui, a été reconnue par l'Église, qui en a fait, aussi étrange que cela puisse vous paraître, un saint, en 1931.
Quelle est la part de réalité dans la légende, je crois que la question restera éternelle.

-Alchimie-

L'on appelle ainsi l'art magique de la transmutation des métaux vils en métaux nobles ( or ou argent) et, dans un sens plus vaste, l'art d'acquérir la vérité, la sagesse, la connaissance de soi et du monde... Ambitieux et vaste programme...

-Alphabet Secret-

Est ainsi appelé l'ensemble des signes utilisés en cryptographie, tout simplement...

-Âme-

Grande question s'il en est... Possédions-nous une âme lorsque nous étions mortels? Et, si tel était le cas, l'avons-nous perdue en devenant ce que nous sommes? Malgré toutes mes recherches, je n'ai aucune preuve à apporter... Tout au plus des doutes, dus à mes observations et à mon expérience... Je pense que chacun doit se forger sa propre opinion, tout reste encore à démontrer. Même si...

-Amulette-

Objet ou figurine que les mortels portent parfois sur eux et auquel ils attribuent une quelconque vertu magique. En effet, cet artefact est, à leurs yeux, un véritable porte-bonheur, les protégeant, de plus, contre les forces maléfiques... Belle et douce illusion qui ne nuit à personne...

-Androgyne-

Androgyne, est un personnage mythique, fils d'Hermès et d'Aphrodite, qui a comme particularité de réuni les deux sexe. En alchimie, il a été souvent utilisé comme symbole. Par extension, l'androgyne désigne l'initié, qui unit à son sexe masculin la féminité cosmique ou divine.

-Ange-

Lors des toutes premières discutions sur les vampires, la difficulté fut de définir ce qu'ils étaient vraiment... Grand fut le trouble en les esprits... Définir était très important, aussi bien dans l'Europe du Moyen Age qu'au début du siècle précédent, lorsqu'un certain Summers rédigea son ouvrage. Mais, chaque fois, la raison apparaissait comme l'unique structure capables d'appréhender le caractère irrationnel du démoniaque. En d'autres termes l'on pensait que l'on pouvait parfaitement exercer un contrôle sur ce qu'on parvenait à nommer avec précision... Étrangement, la première question fut: le vampire était-il un ange déchu? La réponse immédiate était non, même si les anges déchus (êtres immatériels) pouvaient compter parmi eux l'intrépide Nick (démon incarné) : en effet, les vampires possédaient des corps. C'est ainsi que l'on épargna aux anges ce type de malédiction, et aux vampires une étrange origine...

-Animaux-

Évidemment, le titre du sujet peut prêter à sourire au premier abord... Mais le danger est plus réel que ce que l'on pourrait imaginer... Non qu'un animal puisse vous faire le moindre mal, du moins volontairement, cela va sans dire... Mais les animaux, dotés d'un sixième sens que les humains ne possèdent point, sentent immédiatement l'anormalité de votre essence surnaturelle, et, d'une manière plus générale, détectent toute chose sortant de l'ordinaire, le traduisant par un affolement remarquable et immanquablement remarqué... D'où des regards par trop suspicieux qui risqueraient de se tourner vers vous... Il suffirait que la chose se reproduise pour que s'alimentent les rumeurs, et jouer avec les rumeurs est prendre un risque inutile, comme nous le verrons à maintes reprises... Ayez toujours en mémoire que vous ne devez vous faire remarquer sous aucun prétexte... Prenez grand soin de vous tenir loin des animaux, surtout en public... Le plus grand péril n'est pas forcément celui que l'on croit, beaucoup pourraient en témoigner qui ne sont plus que cendres...
Étudiés sous un autre angle l'on peut noter que les vampires peuvent, en cas d'extrême nécessité se nourrir du sang des animaux... Certes, ce n'est ni noble, ni glorieux, ni même savoureux, mais combien ai-je rencontré de vampires dont la vie n'a tenu qu'à des rats... Ceci nous rappelle que, malgré tout, nous sommes bien peu de chose...

-Argent-

L'on raconte dans les campagnes, aujourd'hui encore, que l'un des moyens le plus sur pour se débarrasser immanquablement d'un vampire ou d'un loup-garou est de lui loger quelques balles en argent dans le corps...
J'ai ouï dire que le moyen était efficace, je ne sais pour quelle obscure raison, contre les loups-garous. Quand aux vampires, je peux vous assurer, pour avoir moi-même testé du goût de l'argent, qu'il est absolument inoffensif, bien que fort désagréable... Il est évident que l'on peut rapprocher cette légende avec l'ancienne coutume roumaine qui consistait à placer une pièce en argent dans la bouche des défunts soupçonnés de vampirisme, ceci afin de les empêcher de mordre s'ils venaient à s'éveiller... Les mortels ont toujours fait preuve de beaucoup d'imagination en la matière...

-Antéchrist-

Personnage mythique de l'Apocalypse, qui doit apparaître sur terre peu avant la fin du monde pour y instaurer un régime de terreur, de persécutions et de destructions...
Il sera vaincu par le Christ en personne, redescendu du ciel ; puis les anges feront retentir les trompettes du Jugement dernier.
Il est intéressant de souligner que chaque fois que l'humanité s'est trouvée livrée à la folie meurtrière d'un individu, certains ont cru y voir l'œuvre de l'Antéchrist...

-Apparition-

Une apparition est une présence immatérielle, soudaine et fugitive, le plus souvent d'une personne décédée, mais aussi de tout être, humain ou non, vivant ou non, et même d'objets.
L'apparition a toujours fonction de message. Le terme, pratiquement synonyme de fantôme, ne doit pas être confondu avec la vision...
Pour la science, les apparitions relèvent du domaine des hallucinations individuelles ou collectives. ( Comme à son habitude, face à un phénomène inexpliqué, la science donne sa solution ultime : la maladie mentale, sa vieille explication, lamentable et consternante.)
Pour la religion, les apparitions prennent le nom de miracles, pour la parapsychologie, l'apparition est un phénomène psi, et enfin, pour l'occultisme, elle est le signe d'une communication avec le monde astral...
J'avoue, pour ma part, n'avoir aucune explication...

-Apport-

Lorsqu'un objet pénètre dans un lieu où se déroule une séance de spiritisme, en dépit des murs et bien que les portes et les fenêtres soient fermées, il est alors appelé " apport "...
Celui-ci, qui peut être de quelconque nature, se révèle le plus souvent dégager une étrange chaleur...
Lorsque l' objet sort de la pièce, dans les mêmes conditions, pour se retrouver à l'extérieur, il est nommé, bien évidemment, " emport ".

-Arbre de Vie-

L' Arbre de Vie est une image, appartenant à l'iconographie de la kabbale, la représentation symbolique de l'univers et des voies permettant, soi-disant, aux mortels d'accéder au Divin.
L' Arbre de Vie est construit autour de dix sphères (les séphirot) reliées entre elles et numérotées de 1 à 10. A son sommet, la sphère est celle du Divin, de la cause première, du Dieu initiateur ; à sa base, la sphère 10 est celle de la Terre, de la matière, du corps physique. Les huit autres servant de relais dans la montée de l'homme vers le Divin.
Dans l'axe de l'arbre, au centre, la sphère 6 représente la sphère honnie, celle du Soleil, symbole de l'énergie et de la force vitale de Dieu. 
Plus bas, la sphère 9 relie le Divin au terrestre. De part et d'autre de l'axe, les sphères 2,4,7, à droite, symbolisent les forces divines masculines, positives et créatives, et les sphères 3,5 et 8, à gauche, les forces divines féminines, négatives et destructives...
J'en conclue donc que nous devons nous trouver à gauche du Grand Arbre de Vie... Pour une fois, nous avons trouvé notre place...

-Arcane-

Loi naturelle et cachée, mystère... En alchimie, l'arcane désigne toute opération hermétique, dont le secret ne peut et ne doit être connu que des seuls initiés.
Dans le jeu divinatoire des tarots, les arcanes sont les lames, représentations symboliques des lois secrètes qui décideraient du destin de l'homme...

-Asmodée-

Démon destructeur, parfois identifié à Sammaël, le serpent qui séduisit Ève. Il aurait une triple tête de taureau, d'homme et de bélier, des ailes de feu, des pieds d'oie et une queue de serpent. Crachant le feu, il porterait une bannière, et commanderait soixante-douze légions.
Prince de l'Enfer, surintendant des maisons de jeux, il sèmerait la terreur, la dissipation et le mensonge.
Toutefois, il aurait été vaincu part Salomon, et celui-ci l'obligea alors à participer à la construction de son temple.
Quel spectacle ce dut être... Et dire que je n'étais point encore né...

-Astaroth-

Démon des richesses, grand trésorier de l'Enfer, il se trouverait être, comme beaucoup de démons selon les descriptions rapportées, puissant et fort laid. Il aurait la forme, si l'on devait le décrire, d'un ange ailé et couronné, tenant une vipère dans sa main gauche et chevauchant un dragon...
Grand-duc de l'Enfer, il aurait le pouvoir de voir le passé, le présent et l'avenir, et devineraient les désirs les plus secrets...
Bien qu'il ne soit pas membre du conseil infernal, il aurait toutefois la permission d'émettre un avis...

-Asomatique-

État dans lequel disent se trouver parfois certains mortels, à savoir une situation dans laquelle un individu quitterait son corps physique et pourrait l'observer du dehors, tout en restant en possessions de ses cinq sens, sans être associé à un nouveau corps physique...
L'on pourrait comparer cela au moment où nous abandonnons nos carcasses humaines afin de renaître sous notre nouvelle forme vampirique.

-Astrologie-

Art d'expliquer, de deviner et de prédire les événements passés, présents et futurs par l'étude des aspects et des positions des corps célestes, et de leur influence...
Fort à la mode de tous temps, les mortels de notre siècle en sont particulièrement et étrangement friands, afin d'essayer d'assoupir l'incertitude et les frayeurs qui les hantent ...
Il est surprenant de constater que jamais il n'y eut d'époque plus sure que celle-ci, mais que, paradoxalement, les humains n'ont jamais été aussi apeurés...

-Astrologues-

Praticiens de l'Astrologie...

-Atavisme-

Éléments provenant du plus profond de l'inconscient. Selon les occulistes, qui ne se trouvent jamais à court d'explications, les atavismes sont des survivances des ancêtres de l'homme, lorsque celui-ci était encore mi-homme, mi-bête...
Je suis heureux d'apprendre que tel n'est plus le cas...

-Augure-

Autrefois, l'on nommait ainsi un prêtre de la Rome antique, chargé d'observer certains phénomènes naturels ( éclairs, tonnerre), ou encore le vol des oiseaux, et de les interpréter afin d'en tirer des présages. Par extension, l'augure est la prédiction même tirée de cette observation...

-Azazel-

Azazel serait un démon de second ordre, chef des anges déchus, premier porte-enseigne des armées infernales, qui présiderait à la mort dans la partie orientale de l'Enfer...
Facilement reconnaissable, il porterait des ailes sombres, un bouc à la main gauche et un bâton cornu dans la droite...

-Baal ou Baël-

Baal, ou Baël, est nommé comme étant le grand-duc et dominateur suprême de l'Enfer, général en chef des armées infernales; il régnerait sur la partie orientale de l'Enfer, et commanderait soixante-six légions...
Il aurait le pouvoir de rendre astucieux, rusé, fourbe ou invisible et se présenterait sous différents et discutables aspects, pourvu d'une triple tête de chat, d'homme couronné ou de crapaud. Son buste, court et trapu, se terminerait par des pattes d'araignées. 

-Babel-

La tour de Bal fut érigée autrefois par les Chaldéens, à Babylone. Elle était sensée être un monument magique, représentant le monde en miniature...

-Balai-

Dans la sorcellerie traditionnelle, et l'imaginaire populaire, le balai est considéré comme l'instrument utilisé par les sorcières lorsqu'elle se rendent au sabbat...
Sans commentaire...

-Béhémot-

Démon puissant et stupide, sommelier et grand échanson à la cour infernale...
Son domaine serait celui de la gourmandise et des plaisirs du ventre.
Il est communément représenté comme possédant un corps d'éléphant et se dressant sur ses deux pattes de derrières, tenant son gros ventre à deux mains.

-Bélial, ou Béliar-

Le plus pervers, me plus vicieux et le plus dissolu de tous les démons. Il serait cependant fort séduisant, plain de charme et de grâce...
Dans l'apocalypse, il porte le nom de " bête ". Démon de la pédérastie, il fut l'objet d'un culte à Sodome et dans d'autres villes, mais aucun n'osa jamais lui ériger de temples ou d'autels.

-Belphégor, ou Baalphagor-

Démon des découvertes, il séduirait les hommes en leur proposant richesses et inventions...
Il est représenté parfois sous les traits d'une jeune femme - afin de plaire aux hommes - mais le plus souvent sous ceux d'un être cornu, avec une barbichette tordue et de longs ongles crochus...
Il siègerait, étrangement, assis nu sur un trône percé...

-Belzébuth-

Belzébuth est présenté comme étant le Prince des démons, rival de Satan. Selon certains, il aurait détrôné ce dernier et régnerait actuellement à sa place sur l'empire infernal.
Il se présenterait sous un aspect colossal, l'air menaçant, ses yeux lançant des éclairs. Il serait couronné d'un bandeau de feu et aurait des cornes sur la tête, des ailes de chauves-souris, des pattes de canard, une queue de lion... Tout son corps serait recourt de poils...
Que dire si ce n'est que je n'ai, bien heureusement, rien entraperçu de tel...

-Bougies-Chandelles-

Ah, je me devais d'ajouter ici un avis tout à fait personnel, un amer regret dirais-je... Ô combien furent bénis les temps où l'on s'éclairait encore aux douces lueurs tamisées des chandelles... Nos différences se fondaient alors dans les ombres dansantes, et s'il était quelqu'un pour remarquer une quelconque pâleur un trop trop accentuée, ou un autre quelconque détail étrange à ses yeux, cela était vite mis sur le compte d'une clarté défaillante aux reflets étranges et vacillants... Les Ténèbres étaient toujours proches, nous enveloppant de leur rideaux velouté, se faisant complices de nos disparitions opportunes, de nos faits et nos méfaits... Il est beaucoup plus difficile aujourd'hui, sous les feux cruels des néons, de jouer avec les ombres tranchantes et les lumières crues... Nous en sommes arrivés, si ce n'est malheureux, à devoir user des trésors de ruse, et de maquillage, afin de pouvoir encore errer la nuit dans les ruelles éclairées, nous présenter dans les soupers ou hanter les salles de bal, pour les plus sociables d'entre nous... Le jour où fut inventée l'électricité nous fît grand tord et je crains que cette malédiction ne nous poursuive ... éternellement ...

-Broucolaques-

Ayant constaté le malheureux amalgame qu'il est fait parfois entre les broucolaques et les vampires, bien plus souvent commis par ignorance que par volonté, je vais vous laisser entrevoir la réalité du broucolaque afin que vous constatiez combien il est différent de nous... Le fait que nous soyons souvent... " associés " au broucolaque est probablement du à plusieurs facteurs :

- Le broucolaque avait connu la mort.
- Le broucolaque terrorisait et décimait les populations. Au mieux, il " jouait des tours ".
- Le broucolaque était un homme mauvais, il restait donc en son éternité tout aussi dangereux et malfaisant.
- Le broucolaque vvivait, ou végétait, devrais-je plutôt dire, dans un tombeau. ( Ainsi que les vampires suivant certaines légendes... et pour certains vampires, cela est...)
- L'on devenait broucolaque pour, approximativement, les mêmes raisons que la population pensait que l'on pouvait devenir vampire, si l'on excepte un facteur majeur, la morsure...
- La religion et toutes choses sacrées, ou toute religion et toutes choses sacrées, devrais-je dire, étaient sensées avoir un pouvoir sur le broucolaque. Celui-ci étant le plus souvent un excommunié, cela me semble encore entrer dans les limites de la logique. J'ouvre ici une parenthèse afin de souligner le fait qu'il est probable que nous ayons si longtemps cru que la religion pouvait exercer un quelconque pouvoir sur nous uniquement à cause de ce malencontreux amalgame...
- Enfin, alors que le terme " vampires " n'existait pas encore, nous fumes mêlés à eux en l'esprit populaire, et surnommés du même nom : broucolaques.

Comme vous pouvez le noter, il y a, en effet, assez de points communs pour que dans l'esprit des populations et les mos broucalaques et vampires soient associés... Alors, que... si l'on y regarde de plus près...

 " O mon père, reçois ces propitiatoires évocatrices des ombres. Viens t'abreuver du sang noir de cette vierge que nous t'offrons. " (Euripide, Hécube, v. 536)

Les âmes des certains défunts de la Grèce antique, plus particulièrement celles des héros (singulièrement) et des brigands, étaient condamnées à errer dans le monde des vivants sous la forme d'ombres, capricieuses et malfaisantes. Le christianisme, non seulement ne supprima point ces croyances, mais se les appropria. " Sachez que lorsqu'on retrouve de semblables cadavres, déclare le Monocanon de l'église grecque, lesquels sont l'oeuvre du démon, il faut demander au prêtre de venir chanter une prière à la Mère du Seigneur... et célébrer des services anniversaires à l'intention des morts, services qui seront accompagnés de repas funèbres. " ( Cité par Leo Allaius: De quorantum Graecorum opiniationibus, chap. 12.)

La notion de " broucolaques " est relativement complexe. Selon Lawson, le " broucolaque (grec) est le résultat de la greffe de branches slaves sur un fond hellénique. "( Modern Greek Folklore and ancient Greek religion, 1910) Leo Allatius, qui croyait à l'existence des broucolaques déclarait :

" Les vrykolokas sont les corps des hommes de vie mauvaise et immorale ( Comme il est de mise dans tous ces récits et comme vous le constaterez de nombreuses fois par la suite, il ne saurait s'agir d'un homme bon et pieu...), très souvent excommunié par son évêque. De tels corps ne se décomposent pas comme ceux d'autres hommes morts et ne tombent pas en poussière : la peau devient tendue comme celui d'un tambour et lorsqu'on la frappe elle produit le même son... ( Je me permettrai de souligner que voila une bien étrange idée que d'aller frapper sur la peau des défunts afin d'en ouïr la sonorité...) C'est pourquoi les vrykolokas ont reçus le nom de tumpaniaïoi. Dans un tel corps, le diable rentre et sort de la tombe. ( Je pense, pour ma part, que si diable il y a, il doit trouver bien peu d'intérêt à ce genre d'occupation et suis certain qu'il saurait en trouver de plus... dignes...) Si quelqu'un répond à ces questions, il meurt le lendemain.( Fait probablement dûment constaté de maintes fois...) Mais un vrykolokas n'appelle jamais deux fois, et ainsi les habitants de Chio attendent toujours qu'on les appelle deux fois dans la nuit avant de répondre. "( La parade n'est-elle point hautement subtile... et facile, peut-être trop même...) 
Comme le " mulo " des Tziganes, il apparaît au même moment de midi, et non seulement dans les maisons, mais aussi sur les champs et les routes... et, sans parler aux gens ni les toucher, il les tue à distance... " (Nous avons des leçons à prendre...)
On le sort de la tombe, le prêtre récite des prières, on le jette sur un brasier... "( Le feu, moyen d'extermination fort usité, est en effet une méthode radicale, que l'on soit mort ou vivant, peu en réchappent...) ( Leo Allatius, op. cit.)

Le broucolaque grec résulte d'un grand nombre d'influences qui confirmèrent au fil des siècles la croyance initiale à la malveillance des ombres. Au XVIIe siècle, les vampires d'Europe centrale apportent une conception nouvelle du broucolaque : il sort désormais plus régulièrement de nuit et boit systématiquement le sang des vivants. Ils deviennent proche du  " pricolitch " valaque, et par là même, du loup-garous lorsqu'il dévore sa proie. 
Vous pouvez commencer à constater une ébauche de notre personne, bien que, pendant de longs siècles, nous fûmes pour une obscure raison, privés d'esprit et considérés  bien plus proches d'un simple animal que d'une entité  pensante.
Cette évolution et cette confusion inquiétèrent l'église. En effet, le broucolaque n'était souvent qu'un mort qui ne se décomposait pas et sortait de sa tombe pour se livrer à d'innocentes facéties...

" ... on le voyait la nuit se promener dans les maisons, renverser les meubles, éteindre les lampes, embrasser les gens par derrière et faire mille petits tours d'espiègles... On l'accusa de battre les gens, la nuit, d'enfoncer les portes, de briser les fenêtres et les habits et de vider les cruches et les bouteilles. C'était un mort bien altéré..." ( Charles Nodier, citant Tournefort, Infernalia.)
Ce récit, des plus burlesques, me laisse supposer que beaucoup de mortels durent trouver, sous le couvert d'un quelconque défunt récemment inhumé et soupçonné de " vampirisme ", un moyen aisé de se livrer à tous les excès et de donner libre cours à  ses plus bas penchants.

L'église utilisait cette menace afin d'accroître sa puissance. L'individu qu'elle excommuniait, elle le condamnait à ne jamais retomber en poussière. Le lien existant entre son âme et son corps n'était pas tout à fait rompu et le mort poursuivait dans sa tombe l'existence végétative et sordide du broucolaque. Il fallait une formule afin que le cadavre retournât à la terre et que son âme fût restituée au Seigneur. Tant que l'église n'estimait pas devoir prononcer cette prière, le corps du banni ne se décomposait point...

" ... Toi qui gis dans l'ombre d'ici, enchaîné par les liens de l'excommunication; si ce que tu as fait enlever à mon église de manière injuste par l'intermédiaire du roi ou par quelqu'un de tes parents se voit restituer avec une réparation suffisante, je t'absous " déclarait-on encore il y a peu à ceux qui s'étaient appropriés des biens ecclésiastiques.( Rapporté par Montague Summers, The Vampire, his kith and kin.)

Mais, en étant reconnu en tant que  vampire, le broucolaque faisait se retourner la menace contre l'Église elle-même. On accusait en effet le clergé d'être responsable des pestes, des décès, des crimes inexpliqués dus aux excommuniés. Aussi s'empressa-t-on de distinguer " incorruption " de réanimation diabolique.
Le broucolaque subit aussi l'influence du " mulo ", créature que l'on pourrait assimiler au vampire tzigane, qui pouvait être terriblement malfaisant ou simplement facétieux  Une variante du broucolaque : le karkantebokis, était un bohémien qui n'apparaissait qu'en janvier et dont le souffle était mortel...
Enfin, il ne faut pas négliger l'influence turque déterminée par les invasions successives. Ainsi, le " lioubgaï ", broucolaque d'Albanie, tué sur un champs de bataille et sans doute mal inhumé, se levait la nuit afin de dévorer les vivants.

L'Église dut trop souvent prononcer sa formule d'excommunication. " ... et après la mort, ton corps restera éternellement incorruptible comme la pierre et le fer " ( Christ Angelus: De statu hodiernum groecorum) car les histoires de broucolaques abondent.
Au XVIIe siècle, le botaniste français Pitton de Tournefort voyagea en Orient sur l'ordre de Louis XVI et en rapporta des souvenirs, publiés en 1702 (Relation du Voyage au Levant). C'est de ce texte que Charles Nodier tira son Histoire d'un broucolaque, que je vous livre telle quelle, bien que vous dussiez l'avoir ouïe, tant elle est célèbre.

" Après plusieurs assemblées des principaux de la ville, des prêtres et des religieux, on conclut qu'il fallait, je ne sais par quel cérémonial, attendre neuf jours après l'enterrement. Le dixième jour, on dit une messe dans la chapelle où était le corps, afin de chasser le démon, que l'on croyait y être enfermé. Après la messe, on déterra le corps et on en ôta le coeur ; le cadavre sentait si mauvais qu'on fut obligé de brûler de l'encens ; mais la fumée, confondue avec la mauvaise odeur, ne fit qu'augmenter et commença à échauffer la cervelle de ces pauvres gens...
Plusieurs des assistants affirmaient que le sang de ce malheureux était bien vermeil; d'autres juraient que le corps était encore tout chaud; d'où l'on concluait que le mort avait grand tord de n'être pas bien mort, ou pour mieux dire, de s'être laissé réanimé par le diable; c'est là, précisément l'idée qu'ils ont du broucolaque; on faisait alors retentir ce mot d'une manière étonnante.
Une foule de gens qui survinrent, protestèrent tout haut qu'ils s'étaient bien aperçus que ce corps n'était pas devenu raide lorsqu'on le porta de la campagne à l'église pour l'enterrer; et que, par conséquent, c'était un vrai broucolaque : c'était là le refrain...
Un jour, comme on récitait certaines oraisons, après avoir planté je ne sais combien d'épées nues sur la fosse de ce cadavre que l'on déterrait trois ou quatre fois par jour suivant le caprice du premier venu, un Albanais, qui se trouvait là, s'avisa de dire, d'un ton de docteur, qu'il était fort ridicule de se servir des épées des chrétiens :

- Ne voyez-vous pas, pauvres gens, disait-il, que la garde de ces épées faisant une croix avec la poignée, empêche le diable de sortir de ce corps? que ne vous servez-vous plutôt des sabres des Turcs?

L'avis de cet habile homme ne servit à rien; le broucolaque ne parut pas plus traitable, et on ne savait plus à quel saint se vouer lorsque tout d'une voix, comme si on s'était donné  le mot, on se mit à crier, par toute la ville, qu'il fallait brûler le broucolaque tout entier; après cela, ils défiaient le diable de revenir y nicher; qu'il valait mieux recouvrir à cette dernière extrémité que de laisser déserter l'île. En effet, il y avait déjà plusieurs familles qui pliaient bagage pour s'aller établir ailleurs. On porta donc le broucolaque, par ordre des administrateurs, à la pointe de l'île de Saint-Georges, où l'on avait préparé un grand bûcher, avec du goudron, de peur que le bois, quelque sec qu'il fût, ne brûlât pas assez vite. Les restes de ce malheureux y furent jetés et consumés en peu de temps. C'était le premier jour de janvier 1701. Dès lors, on n'entendit plus de plainte contre le broucolaque; on se contenta de dire que le diable avait été bien attrapé cette fois-là et l'on fit quelque chansons pour le tourner en ridicule. " ( Charles Nodier, op. cit., pp.120-121)

Le broucolaque  sévit dans de nombreux pays, et chacun à sa version locale. En Crète, le broucolaque devient katakanas; à Chypre, il est barkomenaos; à Thénos, anaïkatoumenos, mais ces caractéristiques demeurent identiques.
En 1837, Pashley, voyageur anglais, glane quelques histoires lors d'un voyage en crète. Dans le district de Kalécrati de Sofkia, un katakanas hante la contrée et se gorge du sang des enfants, lui racontèrent les paysans. Ailleurs, ce fut l'histoire d'un berger qui passait ses nuits près d'un sépulcre pour s'abriter. Un katakanas habitait la tombe et appellait le berger, car ce dernier avait retiré ses armes et les avait posées en croix, lui interdisant de la sorte de quitter sa demeure. " Lève-toi, dit le spectre, il me faut partir, des affaires m'appellent. " Il jura des intentions les plus louables à l'importun berger. Celui-ci accepta, je ne sais pour quelle obscure raison, mais le broucolaque du être convainquant, et attendit son retour. Après s'être nourrit d'un couple qu'il avait assassiné, le katakanas revint, tout ensanglanté. Pour mettre fin à de tels agissements, il le fallut brûler... ( Tirés de Pashley, Travels in Crete, vol. II, p. 196 et p. 232.)

Le même auteur signalait que la ville d'Hydra était infestée de broucolaques et que le calme ne revint " que par les exécutions ordonnées par l'évêque qui avait supprimé tout ces monstres à Santorène ( Santorin) où ils pullulaient, se promenant, faisant rouler de grosses pierres des montagnes à la mer, de que n'importe qui pouvait entendre en passant, la nuit, près de cet endroit maudit. " ( Pashley, op. cit., p. 232.)
Ce qui est tout de même remarquable c'est qu'à aucun moment quiconque n'ait supposé qu'il put s'agir tout simplement de contrebandiers, se livrant à leur commerce, de nuit de préférence, bien évidemment...

Une légende, des plus... irrésistible, nous narre qu'autrefois, d'autres broucolaques encore se plaçaient la nuit sur les dormeurs et causaient par leur seul poids une sensation cauchemardesque d'écrasement et d'étouffement. Ils suçaient le sang, dévoraient les chairs et finissaient par tuer leurs victimes. Les prêtres savaient alors comment procéder pour prendre ces monstres sur le fait et les détruire d'un coup de fusil... La réalité dépasse encore une fois la fiction...

Nous pouvons retrouver la trace des broucolaques sur les côtes dalmates où ils portent le nom de vukodlaks.

" Les Morlaques sont persuadés de la vérité des vukodlaks, à qui ils attribuent, comme en Transylvanie, le désir de sucer le sang des enfants. Lorsqu'un homme est soupçonné de pouvoir devenir un vukodlak, on lui coupe les jarrets ou, comme ils disent, on lui pique tout le corps avec des épingles; ces deux opérations doivent empêcher le mort de retourner parmi les vivants. Quelquefois, un Morlaque mourant, croyant sentir d'avance une grande soif de sang des enfants, prie ou oblige même sa famille à traiter son cadavre en vukodlak avant de l'enterrer. " ( Abbé Fortis, Voyage en Dalmatie, 1778, I, p.95, trad. de l'italien.)

Mais l'on pouvait tout autant devenir broucolaque de tout autre manière: La mort violente, le suicide, la vengeance risquait de mettre en péril le repos des disparus, tout comme les malédictions formelles des parents ou des prêtres; une vie immorale, quelques relations réprouvées par la morale, les pratiques de sorcellerie entretenaient encore la condition de vourdalak. Mais il pouvait suffire parfois de choses plus infimes encore: de manger un agneau égorgé par un loup ( l'influence slave est ici indiscutable), ou tout simplement par la malédiction qu'apportait un animal en sautant par-dessus le lit d'un défunt... Je pense que tout cela vous rappelle quelque mythes des plus amusants colportés à notre propos...

Je vais pour conclure, vous offrir l'ancienne formule d'absolution autrefois utilisée, afin que le cas échéant, si jamais vous vous trouviez face à un défunt présentant les signes irréfutables vous laissant à penser qu'il y a de fortes possibilités d'un réveil, ou face à un homme gisant malheureusement excommunié en un temps, vous puissiez prononcer sans faute la formule de ce rituel, lui évitant ainsi la sordide et pénible condition de broucolaque, condition que je ne souhaite à personne... ou presque...

" Remittatur tibi propter miseracordiae Dei viscera, quibus et confisa humilitas nostra liberatum te esse voluit in sancto spiritu inevitabilibus excommunicationis vinculis . "

Tous les témoignages seront les bienvenus...

-Brouillard-Brume-

L'une des transformations, fort utile de surcroît, que possède certains d'entre nous. En effet, celui-ci nous donne la faculté d'accéder en des endroits où notre corps matériel ne peut se frayer un passage. De plus, le brouillard enveloppe cache et déforme... C'est une sorte de lien entre le monde du réel et le monde onirique, une sorte de carte de visite du monde des morts, rappelant à chaque instants aux vivants qu'ils vivent dans l'illusion, et que ce qu'ils croient voir n'est peut-être qu'un reflet déformé de la réalité. Mais le brouillard cache toujours une vérité... une vérité qu'il ne vaudrait peut-être mieux ne pas découvrir... Malheureusement, ceux qui l'ont réalisé ne sont plus là pour témoigner...

-Cagliostro-
(1735-1795)

Étrange et sulfureux destin que celui de Joseph Balsamo, dit comte de Cagliostro. Celui-ci fut un alchimiste, un guérisseur et un devin, considéré tour à tour comme un grand magicien... ou un grand charlatan...
Né à Palerme, il y fit ses études et devint assistant apothicaire au couvent des frères de la charité, où il apprit à préparer toutes sortes de médicaments à base d'herbes et de poudres étranges...
Là, il se consacra à l'alchimie, à l'astrologie, à l'étude de la kabbale ainsi qu'à la magie...
Il séduisit une jeune fille de quinze ans, Lorenza, qui devait devenir sa femme. L'argent venant à manquer - et le jeune couple aimant tout particulièrement les douceurs d'une vie luxueuse - Cagliostro poussa alors sa femme à la prostitution et se consacra à la fabrication de faux billets et de faux titres de rente... Poursuivit par les autorités, il quitta alors l'Italie; pour Lorenza et lui commença alors à travers l'Europe un long périple ponctué de démêlés avec la police pour vols, faux, et autres méfaits...

-Cape-

Un vampire peut vivre des centaines, voire des milliers d'années. Il a par conséquent tout le temps d'amasser une fortune considérable et d'accéder à une belle position sociale, apparentée à celle de la petite noblesse. pour affirmer son statut, il se doit d'être habillé avec élégance, ce qui pose évidemment problème vu son éternelle " difficulté de paraître " durant les heures diurnes...
C'est pourquoi le vampire doit faire preuve, non sans raison, d'une immense générosité vis-à-vis de ceux qui acceptent d'ouvrir leurs boutiques la nuit ou de traiter leurs affaires lors d'un souper plutôt qu'au bureau.
Le vampire classique, celui de la vieille école dirais-je, est vêtu comme un gentleman. La tenue courante inclut immanquablement la longue cape noire, qui, déployée, ressemble à des ailes de chauves-souris. (Précisons que les chauves-souris appelées vampires ont été ainsi nommées bien après que les vampires eurent hantés la terre, et non avant. Il serait donc erroné de penser que les vampire peuvent se changer en chauve-souris, mais j'y reviendrai plus loin). Cette fameuse cape est faite de satin ou de soie brillante, et son tombé est " parfait ", il ne saurait en être autrement. Je ne sais rien, par contre, de son origine ni de sa fonction originelle. Certains prétendent que certains vampires la tissent eux-mêmes, après le stade final de sa transformation, le secret de fabrication se devant être transmis de vampire à vampire exclusivement.
Quoi qu'il en soit, dans cet ample vêtement, qui est fort pratique pour masquer quelques légères différences qui ne manqueraient pas de le faire distinguer du reste d'une éventuelle assemblée, le vampire peut s'enrouler de la tête au pieds tout en soulevant légèrement les bras au-dessus de sa tête, dans une attitude hiératique et théâtrale. Dans cette position, il est aisé de remarquer que le vampire crée une sorte de " trou noir " dans lequel il se rend littéralement invisible. Ainsi, il peut se cacher n'importe où, ou bien quitter les lieux le plus discrètement du monde.
Le vampire moderne, quand à lui, doit, s'il le peut, sacrifier l'élégance d'une époque: il n'y a que trop d'intérêt à se fondre dans la foule, ce que beaucoup ont fort bien su comprendre.

-Cercueil-

Pour un vampire, se reposer pendant les heures du jour dans un endroit tranquille est, bien évidemment, de la plus haute importance. Le cercueil doit être déposé dans un lieu secret, cela va de soi, à l'abris de toute intrusion, car c'est là que le vampire est le plus vulnérable. Cet aspect du quotidien vampirique nous fait remettre en mémoire, pour peu que nous l'ayons oublié, que si le vampire est en quelque sorte mort, il est cependant, et contrairement aux vulgaires défunts, en constant et réel danger. Selon une ancienne croyance, même si le cercueil est capitonné de la soie ou des velours les plus précieux, il doit systématiquement renfermer une couche de terre provenant du sol où le vampire fut primitivement enterré... cette nécessité absolue ne peut que me laisser rêveur... c'est comme si le vampire n'avait jamais dû quitter cette terre mortuaire originelle, et comme s'il acceptait implicitement l'ultime éventualité de sa destruction... Doit-on cette croyance en ce vieux diction: " Poussière tu es, poussière tu redeviendras..." Je ne sais, mais l'origine en est probable...

-Château-

En principe, un vampire mène une existence assez retirée, souvent simple et tranquille. Une fois parvenu au terme de sa transformation, il traverse parfois quelques années difficiles, durant lesquelles il doit acquérir une certaine maîtrise, entre autres perfectionner sa technique et se faire quelques relations... Mais sa tâche la plus importante demeure celle d'acquérir un vieux manoir, ou mieux, un château, dans une région isolée, si ce n'est désolée, afin de s'y installer en toute tranquillité ainsi que son, ou ses, cela relève des goûts de chacun, cercueils...
Bien que certains attirent leurs victimes jusqu'à chez eux, je déconseille vivement cette pratique, par trop risquée: l'histoire n'en donne que trop d'exemples... Il doit, par tous les moyens en son pouvoir, éviter d'éveiller les soupçons villageois environnants quand à la nature, nocturne , de surcroît, de ses allées et venues et ne point prélever de quoi se sustenter en un voisinage trop proche... En effet, les journées sont longues et lassantes en ces mornes campagnes, et la population, toujours a l'affût de quelque particularité pouvant la distraire de la monotonie de sa sordide existence, aurait vite fait de s'alarmer devant quelques faits inhabituels ou disparitions suspectes, enflammant le brasier d'une rumeur gênante, si ce n'est pour finir le château lui-même.

-Chauve-souris-

L'on aurait pu penser que la légende voulant que nous puissions nous transformer à volonté en chauve-souris venait du fait qu'habitant le plus souvent de vieilles châteaux ou d'antiques bâtisses, il s'en trouvait un grand nombre... Mais cela n'est point et voici la raison de cette rumeur, rumeur jeune comme vous allez le voir, mais qui a pris une grande ampleur, ampleur due à la plume de certains écrivains ou à la frayeur naturelle d'une superstitieuse population...
Commençons donc par étudier l'animal en question, et vous pourrez constater alors que la réponse se trouve en une malencontreuse appellation...
- Chauve-souris: Mammifère aux ailes membraneuses de la famille des chiroptères.
Diverses races de chauve-souris sont répertoriées : les noctules, les oreillards, les pipistrelles, les rhinolophes, les roussettes, les vespertilions et enfin, les vampires, que l'on trouve principalement en Amérique du Sud. A l'exception de cette dernière espèce qui est connue pour sucer le sang des animaux, et parfois des hommes pendant leur sommeil, les chauve-souris sont en général insectivores ou frugivores. Les vampires, espèce répartie en deux familles, les Desmodu et les Displyllia, font 25 cm d'envergure environ, pour un poids de vingt à quarante grammes. Leur salive contient un anti-coagulant qui entraîne un écoulement de sang, chez les animaux de trente à quarante-cinq minutes et chez l'homme d'une dizaine de minutes, qui provoque un dépérissement de la victime, et parfois, étant donné la prolifération de bacilles dans la gueule de la chauve-souris, la mort à la suite d'infection par le tétanos, la rage, ou la fièvre jaune...
C'est un savant français du nom de Buffon qui, le premier en 1761, donna le nom de vampire à cette espèce de chauve-souris vivant en Amérique latine. Voila donc comment les vampires se trouvèrent affublés du pouvoir de se transformer en chauve-souris... Il n'y avait, auparavant, aucune rumeur ou légende à ce sujet... C'est surtout, et étrangement vu sa situation géographique, dans le folklore roumain que l'on retrouve un lien entre la chauve-souris et le vampire ; en effet, une légende roumaine prétend que les chauve-souris sont des souris qui ont été maudites pour avoir mangé le pain béni de l'Eucharistie! un proverbe roumain prétendrait d'ailleurs que " Dieu a créé l'hirondelle, et le diable la chauve-souris . " Le mal rejoint le mal... Tout est dit...

-Chasseur-
(de vampires, fantômes, etc...)

En général, le chasseur, qu'il soit pourfendeur de vampires ou chasseur de fantômes, est une personne très motivée... Soit parce qu'une raison personnelle l'y a poussée ( décès d'un proche dans des conditions douteuses), soit car il se croit investi d'une mission Divine, cherchant par tous moyens à éradiquer le Mal, ou ce qu'il considère comme étant le Mal, et particulièrement vous, bien entendu, de la surface de la terre.... Il faut se montrer très méfiant quand à ce genre d'individu , surtout si vous êtes la cause de la... disparition prématurée de sa bien-aimée, par exemple... Aveuglé par sa folie et animé du sentiment désespéré d'avoir tout perdu, il n'aura de cesse de vous traquer, vous trouver afin d'assouvir sa vengeance... Ceux que j'appellerais les " Fous de Dieu " ne sont pas moins dangereux et tenaces, leur vie étant dévouée au tout-puissant, mourir en détruisant le Mal n'en est à leurs yeux qu'un destin des plus glorieux. Ayez toujours à l'esprit que la mort ne leur faisant pas peur, ils seront prêts à toutes les audaces, et prendront même des risques inconsidérés. Ceci-ci dit, il n'y a, de par notre condition, d'autres solutions que d'appliquer toutes les règles de prudence citées en ce mémoire, et de ne jamais oublier qu'aussi déterminé qu'il soit, un mortel reste un mortel, avec toutes les faiblesses que nous lui connaissons.

-Cimetière-

Comme chacun le sait, les cimetières sont les lieux de prédilection de beaucoup de créatures des ténèbres, ceci pour diverses raisons, la plus commune étant que là repose ce qui fut son corps autrefois... et aujourd'hui parfois...
Bien que maintenant entre nous une distance et une réserve.. polie, dirais-je, si ce n'est méfiante, j'y ai entraperçu, au hasard de mes pérégrinations, autant de formes de vie diverses et abjectes, incroyables ou magnifiques que votre imagination peut vous laisser élaborer...
Bien que risquant de vous décevoir, je vais de suite mettre un terme à une rumeur tenace: l'on trouve fort peu de vampires dans les cimetières, si ce n'est quelques nouveaux-nés, et encore, cela est fort rare... Les fantômes errent parfois, traînant leur âme en peine entre les pierres tombales érodées, à la recherche d'un passé confus, si ne n'est oublié... ( rares sont les créatures immortelles saines d'esprit, si je puis dire sans jeu de mot douteux, trouvant en les cimetières un endroit à leur goût...)
Beaucoup plus dangereuses, affamées de chair humaine et hargneuses, les goules partagent généralement leur territoire avec quelques autres formes de morts-vivants. Je déconseille vivement à tous d'essayer de les approcher, non qu'elles représentent un réel danger pour tout immortel, mais leur fréquentation est d'un désintérêt total, et leur puanteur difficilement supportable...
Les mortels voyaient autrefois en les feux-follets des esprits malfaisants revenus mander justice; la science a démontré aujourd'hui ce que nous savions depuis des siècles, à savoir que les feux-follets ne sont pas habités d'une âme quelconque.
Noyée sous les lueurs éthérées les nuits de pleine lune, j'ai eu, il y a fort longtemps, la vision de sabbats d'où s'élevaient des chants honnis sur lesquels dansaient les corps blafards et dénudées de sorcières dont les noirs cheveux s'élevaient sous le souffle d'un vent mystérieux. Parfois, tout un rituel menait au sacrifice d'un humain, dont le sang recouvrait alors les corps offerts... j'avoue mettre peu attardé (bien qu'animé d'une attirance certaine), par prudente méfiance sûrement... J'y ai quelquefois senti des présences, de sombres présences que nous seuls pouvons percevoir, comme il a du arriver à beaucoup d'entre vous de ressentir aussi...
Il existe encore de grands mystères à mes yeux, même après tant de siècles... Puissent-ils un jour se dévoiler...

-Croisement-
(Note Anecdotique)

Il fut un temps, où, en Roumanie tout particulièrement ( la Roumanie a beaucoup d'affinité avec les vampires), il était commun d'enterrer les présumés " futurs vampires " à un croisement, afin que lors de son réveil, celui-ci ne sache quel chemin emprunter... L'on peut remarquer que l'on retrouve en cette pratique le symbole de la croix, le croisement représentant lui aussi une croix, il y a donc là une troublante coïncidence, peut-être inconsciente... La population pensait-elle les vampires si stupides qu'un simple choix eut pu troubler leurs esprits?

-Créateur-

Que sa renaissance en créature " infernale et maudite "soit pour la " victime " une affliction, ce qui est souvent le cas, ou un choix, ce qui est déjà plus rare, tout être immortel ( ou presque...) a un créateur, un second père, si je puis dire... Ceci est d'une rare évidence...
Suivant la nature des immortels, leur naissance au monde des Ténèbres fut le fruit d'un Don, du hasard, ou d'une malédiction, suivant leur nature...
Les vampires transmettent ce qu'il convient d'appeler le Don Ténébreux en parfait état de conscience. Malgré ce que beaucoup crurent pendant longtemps, le Don est rarement le fruit du hasard ou d'une étrange contagion, mais, le plus souvent, un choix mûrement réfléchi de la part du créateur. Leurs motivations sont aussi diverses qu'il existe d'individus, mais l'on retrouve malgré tout une constante : tout vampire aimant un mortel tentera par tous les moyens de lui transmettre le Don Ténébreux... Avec ou sans la volonté du dit mortel...
L'on peut émettre une réserve quand à la volonté délibérée de certaines créatures, en particulier les loups-garous, peu conscientes de leurs actes sous l'effet de leur métamorphose. D'autres encore, tels les zombies, par exemple, subissent l'effet d'une malédiction et sont condamnées à une triste et sordide existence (si ce n'est servile), dont elles n'ont heureusement que rarement conscience.

Mais il reste à mes yeux une troublante énigme... Depuis des siècles maintenant, je perçois les formes éthérées d'esprits errants, allant et venant, apparemment sans but, silencieux et las... Existe t'il une cause, une finalité en leur condition, je l'ignore... Bien qu'ayant essayé à maintes reprises d'établir un contact, ils restent fuyants et évasifs, et obtenir une réponse compréhensible relève du plus grand défi... A croire qu'ils se sont égarés là, flottant entre deux mondes, ayant perdu en partie leurs notions de logique humaine, et n'arrivant pas à accéder à une autre sphère, sphère qu'ils auraient du atteindre...

-Croix-Crucifix-Eau Bénite-Hostie-

Ensemble de protections utilisées contre les vampires pour les mettre hors d'état de nuire. La croix, symbole du Christ et de la religion catholique, représentent le triomphe du Bien (la religion, l'ordre moral) sur le Mal ( les Démons Sorcières et Vampires ). Signe ostentatoire de l'autorité de l'Église, la croix ( ou le crucifix) est sensée protéger les gens " normaux " contre le danger du vampire. Ainsi appliquée sur le corps d'un personne " contaminée " par un vampire, elle doit révéler une marque, une brûlure, l'infamie de celle-ci. Il en est de même pour l'eau bénite ou l'hostie, autres symboles christiques dans la religion catholique qui ont, selon l'avis commun, le pouvoir de provoquer les mêmes effets...
Il est évident que tout novice sera méfiant tant sont nombreuses les histoires narrant la destruction de tel ou tel vampire par l'une des méthodes citées ci-dessus... Aurais-je besoin de vous démontrer la bêtise d'une telle croyance?? Je vais vous éclairer en une phrase: qu'en serait-il si le présumé vampire était de confession israélite? Vous voyez immédiatement le ridicule de la chose. De telles rumeurs n'ont pour fondement que la terreur que l'église, avide de pouvoir, a essayé d'imposer pendant des siècles en l'esprit de pauvres gens.